Article de blog 63, 18 JUIL 2026, Reijer Staats

Le chemin vers la détente en Andalousie

Modernistisch huis in Palm Springs-stijl in Fuentes de Almuñécar aan de Costa Tropical
Johan et moi déjeunons chez Costacabria, face à la Méditerranée sur la Costa Tropical. Les pompons des parasols flottent au vent. La saveur fraîche du fruit de la passion accompagne mon confit de canard. Conversations chaleureuses avec des invités amis. À la table voisine, un couple âgé...

Elle, toujours au téléphone en mode haut-parleur, lui écoutant sa radio aussi en haut-parleur. Pas du tout mon style musical. Oh, ce désagrément terrible : le visage qui rougit, les aisselles qui transpirent, la mâchoire qui se serre. Johan lève les yeux au ciel et commande un vino tinto.

Plus tard, j'attends de nouveaux invités à Casa Larimar. Mon regard glisse sur l'urbanisation et la verdure, longe la route et les appartements du Paseo. Derrière, la mer et des dauphins chassant un banc de sardines. Un vrai spectacle. Un commentaire dans le livre d'or reste en tête. Sur le bruit de la circulation au loin. Oui, râleur, je me dis, c'est aussi mentionné dans l'annonce Airbnb.

Inconfort. Oh, un petit inconfort.

Peut-être que la détente commence justement ici ?

Photo : Rouge vintage & bleu mer et ciel, notre Dyane garée dans notre ruelle à l'urbanisation Fuentes de Almuñécar

Vintage Citroën Dyane met uitzicht op de Middellandse Zee aan de Costa Tropical bij Almuñécar in Andalusië

Derrière la clôture en bois à Almuñécar

Été, il y a quatre ans. Notre achat de Casa Larimar était un fait, et une maison voisine à l'urbanisation Fuentes de Almuñécar disparaissait du marché. Autour de cette maison voisine, de type similaire, Casa F, une haute clôture en bois fut rapidement érigée ; au-dessus, Johan et moi apercevions chaque jour, lors de ce premier été de travaux, de nouveaux palmiers qui grandissaient toujours plus. Nous nous demandions aussi à qui pouvait bien appartenir ce mystérieux camping-car vintage immatriculé en France, toujours garé devant la porte.

Des années plus tard. Lors d'un changement d'invités, dans la rue devant Casa Larimar, on m'adresse la parole : « Tu ne sais pas qui je suis, mais moi je te connais très bien. » Quelle première rencontre surprenante.

Devant moi se tient un homme à l'allure juvénile d'une génération avant la mienne, blond-gris, peau légèrement rousse, et un Labrador en laisse. Avec une désinvolture enthousiaste, il poursuit : « Reijer, je suis Ben. Je vous suis, Johan et toi, depuis 2020. Nous avons dû visiter Villa Merise juste avant que vous l'achetiez, mais vous avez été plus rapides. J'aime beaucoup ta façon d'écrire, d'ailleurs, il y a des couches que tout le monde ne comprendra pas. Mais moi, je lis tout ça entre les lignes... » Il fait une pause. « Ta vision du monde. »

On vous parle. Vous écoutez attentivement. Et avec un « bon, je ne vais pas te retenir plus longtemps », la conversation s'achève. Chez moi, je parcours ma liste de diffusion, curieux de savoir depuis combien de temps ce voisin bavard nous suit.

Nos échanges deviennent plus fréquents, nous correspondons chaque fois que je publie un récit d'actualités & divers écrit sur le vif (pas mes mots) sur le blog, et nous jetons même un œil dans les caddies de l'autre chez Alcampo. Dans la rue devant nos maisons, Ben m'invite à entrer : « Tu dois être curieux de voir ce qu'il y a de l'autre côté de cette clôture. »

Comme si je me promenais dans le décor mid-century moderniste de la série photo Palm Springs du photographe Erwin Olaf : un grand espace ouvert, épuré, avec une poutre métallique centrale. Du vintage partout. Oh, j'adore ça ! Leur étage supérieur, disons notre Casa Larimar, est relié par un escalier métallique extérieur à la maison terrasse en dessous. Tout dans ce même style. À l'intérieur, les baies vitrées coulissantes s'ouvrent sans rupture sur les espaces extérieurs, avec tous ces grands palmiers. En arrière-plan, la colline avec le casco histórico d'Almuñécar et la Méditerranée (voir la photo tout en haut de cet article).

Ben me présente à son partenaire : artiste et créateur de presque tout ce que je vois. Non, pas Erwin... mais Evert. Les livres partout dans la maison sont l'univers de Ben.

Ben et Evert sont devenus familiers. Ces esprits libres aux chemises froissées à motifs (je me demande comment ils les boutonnent) sont assis à notre table de cuisine. Discussions sur tout et rien, politique, caractère, le domaine viticole français où ces messieurs menaient autrefois la vie que nous menons maintenant, et les tracas quotidiens. Beaucoup d'opinions. Pas de fil conducteur. Ben décide.

Comme j'aimerais lire ou écrire le livre sur cet homme.

Après deux heures, il ne reste qu'une gorgée de son café solo et une petite bouchée de pastel de nata. Je regarde la bouche en mouvement constante de Ben avec une miette au coin, me demandant quel détour il prendra maintenant.

Photo : La porte d'entrée de Casita Petit Suisse. Ma porte préférée, presque revenue à son meilleur gris perla.

Reijer schildert de voordeur van Casita Klein Zwitserland in Béznar, Lecrínvallei, Andalusië

Parfois, un invité laisse une histoire

Avec Johan et un couple d'amis, je déjeune encore chez Costacabria. Je feuillette les calendriers de nos maisons. Les premières réservations pour l'été 2027 sont enregistrées. Beaucoup de noms me sont familiers. Les amis à table réservent déjà leurs deux semaines à Villa Merise. Peut-être est-ce, au-delà d'un bel avis, la plus grande reconnaissance : des invités qui reviennent.

Puis un autre message arrive. Aujourd'hui, le cinquième, et elle vient à peine d'arriver. Je regarde mon écran et mon corps réagit aussitôt. Johan ne lève même pas les yeux et commande un autre verre de vino tinto.

Oh là là. Encore un mois entier à tenir.

Je prends une cigarette avec mon amie et nous allons à l'espace fumeur sur le côté de la terrasse. « C'est un cri pour attirer l'attention », dit-elle. « Ne te laisse pas entraîner. » Pourtant, je décide de m'impliquer. « Reijer attire ce genre de profils », entend-je encore Johan dire. « Vous êtes juste des gens de contact », répond l'amie.

Ah, un petit inconfort.

Sans voiture. Contre mes conseils. L'invité qui loue Casa Larimar en plein été : « This bloody hill... »

Le résident hivernal qui, dès le premier jour, a épuisé les deux rouleaux de papier toilette standards laissés. Il demande si je peux en apporter de nouveaux. J'en livre vingt-huit. Ils sont roses, typiquement espagnols, pas des recharges mais simplement l'offre du jour.

Le couple qui signale que seule de l'eau bouillante sort de la douche. Quarante kilomètres plus tard, je tourne un peu le robinet thermostatique. Au départ, les assiettes avec sauce tomate séchée sont restées dans le placard. Des cuillères à moitié léchées encore mouillées avec une trace blanche de yaourt dans le tiroir à couverts au-dessus. Je crains que ce duo anglais ne connaissait pas non plus le lave-vaisselle et ait refermé la porte un peu précipitamment.

Hippies vieillissants en bus. Je les récupère à la gare routière et leur conseille d'aller d'abord au Lidl, où je les vois errer pendant deux heures depuis ma Renault 4, tous deux chaussés clairement de sandales trop grandes pour leurs pieds sales. Au départ, tous les meubles ont été poussés de côté pour faire une piste de danse. Un cercle de bougies chauffe-plat autour de la baignoire et des cendres d'encens partout.

Mais ça peut toujours être pire.

Chez les vecinos à Salobreña, sur leur terrasse sur le toit. Nous espérions discrètement revoir le Filemon de la télé, mais cette saison nous rencontrons leurs autres invités. Et Eva, étrangement longtemps, dans la cuisine, et Jesper ailleurs sur la terrasse derrière le barbecue, nous laissent constamment seuls avec eux. Tension. Que s'est-il passé ici et voulons-nous vraiment le savoir ? Sans lunettes, je ne vois qu'un bec qui bouge rapidement et deux sourcils noirs bien trop grands et épais en face de moi. Et le regard de Johan qui crie : Beam me up, Scotty.

Après tous les messages qui ont suivi ce cinquième. Après tout ce laisser-aller.

Dix heures de ménage.

Un frigo rempli de pots de yaourt à moitié entamés, un paquet bombé de gazpacho, de la salade flétrie, les plats à emporter d'hier et d'avant-hier, et un paquet de fromage entamé avec des cercles de moisissure. Trois grands sacs poubelle, alors que j'avais pourtant montré où se trouvaient les conteneurs.

Pas d'avis. Je voulais rester en bons termes avec cet invité. Mais je ne voulais pas non plus mentir. En chemin, je me suis de plus en plus adapté. À son caractère haut en couleur et à ses anecdotes amusantes.

Je pensais qu'une histoire allait naître.

Photo : Là, j'ai encore une photo...

Reijer en Johan op het Plaza de la Catedral in Sevilla tijdens een zomervakantie in Andalusië in 2011

Là, j'ai encore une photo...

Je restais à la regarder. Il y a quinze ans, à cette époque à Séville, et il faisait aussi très chaud !

Guus Meeuwis était dans le même hôtel que nous, l'EME Catedral. Nous nous croisions tout le temps. Après avoir frappé fort sur la sonnette de la réception, sa femme de l'époque le laissait se plaindre du siphon de douche bouché.

Il semblait un peu effacé à côté de sa Valérie. Elle avait une coiffure blond très clair, il était timide, clairement dirigé par elle. En flânant sur la place de la photo, j'ai demandé à Johan s'ils nous suivaient toujours. Je me suis retourné et l'ai regardé droit dans les yeux.

Hmm, agaçant.

Je ne sais toujours pas trop comment me comporter près d'une célébrité.

Par train — Guus Meeuwis & Vagant

« Kedeng kedeng... ce n'est pas sur ta carte, mais je sais où tu dois être... »

Eh bien, ce voyage en Andalousie en 2011 nous a aussi menés le long de la Costa de la Luz, de la Costa del Sol et de la Costa Tropical, et semblait une succession de joyaux cachés. Ce fut un été heureux sans fin, j'étais très enthousiaste pour ce qui allait venir et j'en attendais beaucoup. La vie a ses hauts et ses bas. Bien sûr.

Retour à la photo ci-dessus : deux jeunes chiens, déjà à la recherche d'un endroit pour toujours en Espagne ?

Peut-être refaire une photo comme celle-ci. Ensuite, direction 2041, et dans 15 ans, regarder tout cela avec nostalgie ?

Voilà comment j'essaie d'écrire à nouveau : un peu ranger, rêvasser, m'ennuyer, m'adapter calmement... et alors seulement les mots viennent.

En fredonnant.

Ce dernier trajet à travers les orangeraies

Avec un amigo, je traverse la vallée du Lecrín, un peu plus loin dans les orangeraies que nos trajets habituels vers Casita Petit Suisse. Ma voix de poitrine descend lentement vers le ventre, une main posée nonchalamment sur le volant, fredonnant sans m'en rendre compte. Il y a onze ans, Johan et moi roulions ici de la même façon et sommes tombés amoureux de la vallée.

Mon amigo partage ce regard romantique et s'intéresse au pittoresque hameau de Chite : l'architecture andalouse de Donald Gray et l'univers de l'artiste hippie Gym Halama. Il quitte l'atelier de Gym à Chite avec une œuvre sous le bras. Nous examinons d'anciens projets de rénovation d'Ofra Landman, riches en détails artisanaux : terre cuite, azulejos de Fajalauza, poutres en bois, tapis et lampes orientaux, et la grenade comme symbole récurrent de la vie.

Chite, surnommé Little BBC par les Anglais : la jet set londonienne, des personnalités télévisées et des légendes de la musique y ont trouvé leur inspiration. L'autoroute et le barrage n'existaient pas encore. Je revois la vallée à travers les yeux de mon amigo.

Photo : Frais des orangeraies. Juste devant la porte de Casita Petit Suisse.

Vrachtwagen vol vers geoogste sinaasappels voor Casita Klein Zwitserland in Béznar, Lecrínvallei, Andalusië

Pourtant, quelque chose a changé.

Récemment, alors que je retournais en Renault 4 de la visite technique ITV à Órgiva, j'entendais à chaque virage la voix de ma mère : « Ne conduis plus cette voiture, elle va te tuer ! »

Peu après, Marja appelait de Restábal.

« Danielle a eu un accident. »

« Elle est tombée à travers un plancher, juste avant une visite. »

« Elle va mourir. »

De retour chez moi, j'ai fermé la Renault 4 à clé et j'ai su immédiatement : je ne referai plus un seul kilomètre avec cette voiture.

Danielle était l'agent immobilier qui nous a fait découvrir cette vallée. Presque toutes les maisons que nous avons achetées ou vendues, c'était avec elle. Elle conseillait, rassurait, et surtout nous faisait beaucoup rire avec ses remarques désarmantes. Sur les clans dans la vallée : « Je suis moi-même la Suisse. » Sur la vilaine excavation dans le versant sud de la Sierra : « Tu trouves ça moche ? Oh, moi pas du tout. » Rien ne lui faisait peur. Elle aidait à mesurer une maison, déchirait son pantalon en le faisant, et au début ne voulait même pas nous montrer notre première Casa Una Más. Selon elle, ce n'était pas assez authentique. Pourtant, il y avait bien de la terre cuite, des azulejos et des poutres en bois. « Tu ne connais pas ça ? » demandait-elle avec enthousiasme, comme si nous connaissions déjà la moitié de la vallée.

« Regarde, Dani-rapide », nous disions Johan et moi chaque fois que nous la voyions traverser la vallée avec un client. Et c'était tous les jours. Parfois, nous étions même invités dans le clan de Danielle à Restábal.

Une église pleine, tout un village réuni, des générations d'expats de la vallée. Un cortège impressionnant montant la colline entre les cyprès vers le cementerio. Le souffle coupé, la gorge serrée, les lèvres scellées alors que le cercueil était scellé dans un mur par les agents municipaux.

Pour Johan et moi, la vallée du Lecrín était un peu Danielle aussi.

Pourtant, tout continue de bouger. Je ne suis plus campesino. Johan conduit maintenant un utilitaire : une petite Fiat blanche plus récente. Dès que tous les papiers de notre nouveau cortijo seront prêts, nous irons explorer les montagnes des Alpujarras avec.

Photo : Adieu amigo. La fin d'une époque. Merci pour tous les souvenirs. Nous nous reverrons sûrement à Salobreña.

Reijer zwaait zijn vintage Renault 4 uit in Almuñécar na jaren vol herinneringen aan de Costa Tropical

Inconfort, adaptation et détente

Je rencontre Evert, le compagnon de Ben, le long du Paseo. Il me dit avoir lu mes articles de blog. Nous parlons d'écriture. Que j'essaie toujours de coucher sur papier ce que je vois, entends ou vis, et aussi ce qui se passe dans mon corps à ce moment-là : mâchoires serrées, quelque chose qui s'active, cette voix qui descend lentement dans le ventre. Les mots viennent généralement après.

Je continue à m'exercer. Inconfort. S'adapter (mais pas trop). Détente. Johan prend simplement un verre de vino tinto.

Oh, et chère amie fumeuse, tu avais bien raison. Et nous sommes très heureux que vous reveniez.

Profitez de chaque instant depuis la belle Costa Tropical de Grenade.

Reijer & Johan

Reijer Staats & Johan Pastoor | +31(0)6 - 28 27 1492 | contact@villa-andalusia.com | www.onthaasten.es